L'ensemble comprte près de 200 instrumentistes et choristes bénévoles. © DR

Il n'est composé que d'amateurs, et pourtant... L'Orchestre symphonique kimbanguiste, seule formation classique d'Afrique subsaharienne, jouit désormais d'une renommée internationale.

... À chacun de ses retours à Kinshasa, son père, Joseph Diangienda, lui répétait : "Ce serait bien de rassembler des personnes qui s’intéressent à la musique pour former un groupe." Avec sans doute une idée en tête : le voir diriger la fanfare kimbanguiste qui anime le culte dominical. En 1985, Armand monte le Groupe symphonique kimbanguiste – qui n’a alors de symphonique que le nom. Quelques répétitions, de temps en temps, avec des amis, tous membres, justement, de la fanfare. "Mon père m’a encouragé à accueillir d’autres musiciens et choristes, quel que soit leur instrument et quelle que soit leur religion", se souvient-il. Bientôt, une trentaine de membres composent le groupe, rebaptisé Kimbanguist Big Band.

En 1994, avec deux amis, il décide de s’attaquer au répertoire classique et fonde l’Orchestre symphonique kimbanguiste. Il en est le directeur musical depuis juillet 2002, désigné à l’unanimité par les membres du groupe, qui le surnomment affectueusement Papa Armand.

Ils sont femme au foyer, médecin, étudiant, commerçant, banquier

L’ensemble philharmonique est essentiellement constitué de musiciens autodidactes. "Ils viennent d’univers très variés, et sont femme au foyer, médecin, étudiant, commerçant, banquier… Notre première mission a été de récupérer et de bricoler des instruments puis de transmettre quelques notions de solfège à nos apprentis musiciens, raconte Armand, qui s’est lui-même formé "sur le tas". Mes amis Albert Matubanza et Alphonse N’Nankou N’Goma se sont occupés respectivement des cordes et des instruments à vent. Plus tard, certains membres du groupe ont suivi des cours à l’Institut national des arts pour obtenir un diplôme." Des ateliers avec des musiciens professionnels (notamment ceux d’un orchestre phil­harmonique allemand) sont régulièrement organisés à Kinshasa pour permettre aux instrumentistes de se perfectionner. Le maestro lui-même a suivi plusieurs stages en Europe pour approfondir ses connaissances en solfège, harmonie et direction d’orchestre. Depuis 2003, il a composé trois symphonies : Souffle de véritéRéconciliation et Mon identité.

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